La mobilité en débat ! – Compte-rendu – Plénière Publique #12

I. Actualités

1 – Présentation de Adeline, la salariée de Poitiers Collectif qui est arrivée depuis dix jours. Elle assurera notamment des permanences au local de 14h à 18h les mercredis. N’hésitez pas à vous y rendre !

2 – Présentation / inscription dans les 10 groupes qui animeront la campagne.

Ouvert et participatif : c’est l’état d’esprit de la démarche Poitiers Collectif depuis ses débuts, qui donnera le ton de notre campagne. Nous avons voté 10 priorités politiques pour notre programme : elles correspondront à 10 groupes de travail, qui auront chacun pour objectif de faire vivre cette priorité, en inventant des actions de campagne vivantes, et ouvertes sur la ville ! Carte blanche aux volontaires !

Avant d’inventer les actions de campagne, la première mission de ces groupes sera de prioriser les propositions à valoriser dans le programme qui sera distribué aux habitantes et habitants, et de désigner un facilitateur ou une facilitatrice pour animer les travaux du groupe.

Il est désormais possible de s’engager dans un ou plusieurs groupes, chacun selon ses envies et ses disponibilités. Vous n’étiez pas présents lors de la plénière ? Vous pouvez vous inscrire en ligne en cliquant sur les liens ci-dessous !

🌳 Préserver les ressources naturelles
🍎 Soutenir une production alimentaire locale accessible à tous
🏢 Mettre l’urbanisme au service de nos priorités écologiques et sociales
🎉 Nous réapproprier l’espace public
🚲 Engager une transition globale vers des mobilités douces et collectives
🤝 Renforcer les solidarités
🎒 L’éducation : une priorité réaffirmée
💰 Encourager un développement local pour et par les poitevine.e.s
🗳️ Revitaliser la participation citoyenne et la démocratie locale
🐦 Offrir un droit à la Nature pour les poitevin.e.s, au quotidien et tout au long de la vie

3 – Présentation du projet CGR : le CGR Castille nous propose un partenariat autour de la diffusion du documentaire « En Liberté », le 29 octobre, en présence du réalisateur. Poitiers Collectif est invité à réagir et nourrir le débat à l’issue du film. Un appel à volontaires est fait pour prendre en charge l’organisation de l’événement.

Volontaires : Julie F., Rafael D.S., Zoé.

 

II. « La mobilité en débat »

Explication des consignes par Louise, facilitatrice qui accompagne le déroulement de nos plénières de l’automne. Débat via l’animation « pétales », par petits groupes, dans le but de faire émerger une position qui sera portée par Poitiers Collectif dans le cadre de son programme. Répartition en petits groupes, qui échangent pendant un temps donné puis désignent un porte parole, qui vient rejoindre un « cercle » de porte-paroles au centre, qui font émerger les points de consensus/les points clivants. Plusieurs aller/retours, jusqu’à aboutir à une position consensuelle.

Pour rappel : des groupes de travail ont travaillé pendant un an ; 2 plénières ont déjà été dédiées à la question du programme. Les deux questions mises à l’ordre du jour sont des points identifiés comme « clivants », qui méritaient un débat en plénière.

Soirée dont le contenu thématique est pris en charge par Aurélien et Robert, qui faisaient partie du groupe mobilités.

1 – AÉROPORT : QUEL AVENIR POUR L’AEROPORT DE POITIERS BIARD SI NOUS SOMMES ÉLUS ?

Cadrage et contexte du débat :

Objectifs politiques :

Garantir la justice sociale et la justice climatique, en ayant les moyens d’ « Engager une transition globale vers des mobilités douces et collectives » (cf notre priorité politique votée en plénière).

Pour tout comprendre du contexte de cette question, une explication complète du contexte est disponible en cliquant sur ce lien !

Il est aussi possible de consulter les deux rapports de la Cour des comptes récemment publiés.

Cadrage du débat : nous discutons de l’intention politique, pas de sa mise en œuvre. Une fois que nous aurons décidé de notre objectif politique vis-à-vis de l’aéroport, nous pourrons envisager le « comment faire », y-compris si nécessaire pour casser la délégation de service public avant les 12 ans pour lesquelles notre collectivité pourrait être engagée le 18 octobre prochain.

 

Questions d’éclaircissement posées par la salle :

  • Combien de vols dédiés au CHU par an à l’aéroport ? 70 sollicitations annuelles.
  • Quelle utilisation pour l’armée ? Depuis longtemps, l’intérêt militaire pour le RICM faisait partie des arguments les plus importants. Ne fait pas partie des arguments du rapport de la cour des comptes.
  • Et la Poste ? Il n’y a plus de vols dédiés depuis longtemps.
  • Combien de salariés ? 50 salariés au total sur l’aéroport. 19 par la société, et le reste sont des sous-traitants.

 

Échanges en sous-groupes.

Restitution des porte-paroles des groupes :

Sujet très technique.

Manque de connaissances sur les retombées économiques réelles.

+ A partir de 2024, une loi européenne interdirait aux collectivités de financer des aéroports déficitaires. Un point non abordé par Grand Poitiers, mais à éclaircir. Dans tous les cas, on ne pourra pas financer jusqu’au bout !

Il n’y a plus d’intérêt à garder l’aéroport. Arguments :

  • Hérésie écologique de maintenir un aéroport dans une ville comme Poitiers ;
  • Il y a consensus pour l’arrêt du financement des lignes low-cost ;
  • L’aéroport de Poitiers est moins utilisé que les aéroports autour ;
  • Poitiers est très bien desservi en ferroviaire ;
  • L’aéroport représente des dépenses très importantes, et les frais d’entretien pourront encore augmenter lors du mandat à venir, car l’aéroport nécessite des investissements lourds, notamment l’entretien de ses pistes ;
  • Nous ne souhaitons pas compenser le désengagement des autres financeurs (la CCI en premier lieu; voire l’Etat et la Région pour la ligne OSP La Rochelle-Poitiers-Lyon) ;
  • L’aéroport ne répond pas aux enjeux prioritaires de développement économique au service des poitevins.

 

Points de vigilance identifiés :

  • Inquiétudes par rapport à la question sanitaire. Mais il existe des alternatives (hélicoptère sur le site du CHU, drones, partenariats avec l’aéroport de Tours…): à mieux étudier
  • Si nous actons un désengagement total, il y a un besoin de concertation active avec nos aéroports voisins, pour bien articuler les alternatives notamment sanitaires ;
  • Quid des salariés ? Comment accompagne t-on leur évolution professionnelle ?
  • Quelles alternatives soutenir ? Se désengager du financement de l’aéroport est une opportunité de déploiement d’autres moyens de transport avec l’argent qui ne sera plus consacré à l’aéroport !  Dans quelle mesure Poitiers / Grand Poitiers peuvent pousser pour la réouverture de lignes ferroviaires ? Notamment la ligne jusqu’à Lyon, une ligne existante et qui était beaucoup plus performante il y a peu.

 

2e round d’échanges en sous-groupes :

Restitution :

Points généraux :

  • Importance de la concertation sur tous les sujets concernés (avec les financeurs, avec les usagers, avec les activités commerciales sur place…) = affirmer une intention politique claire, mais ne pas se précipiter. Et concerter serait cohérent avec l’ADN de Poitiers Collectif !
  • Si la convention municipale passe en l’état, on a 6 ans pour « bien faire les choses », et anticiper tous les impacts de la fermeture de l’aéroport.

 

Question principale 1 : Que fait-on des salariés si on ferme l’aéroport ?

  • Nécessité d’une attitude bienveillante vis-à-vis des salariés.
  • Possibilité d’une l’intégration dans la régie de bus de Grand Poitiers ?
  • Proposer des mobilités vers d’autres aéroports ?
  • Co-financer une cellule de reclassement ?
  • Si nouveau projet, pourraient-ils y être intégrés ? (cf projet à Berlin)

Question principale 2 : Comment gère t-on les besoins sanitaires ?

  • Il sera important de faire des réunions avec le CHU pour mieux connaître les alternatives.

Question principale 3 : Quelles alternatives soutenir ?

  • Développer le ferroviaire dans les limites des compétences de la collectivité (notamment réseau inter-urbain, Poitiers-Chauvigny, etc), en partenariat avec l’Etat et la Région.
  • Pour la reconversion du site : une ferme urbaine ?

+ Proposition d’affirmer une position politique forte CONTRE les vols intérieurs de manière générale, au-delà du fait de dire que des alternatives proches existent (La Rochelle, etc).

 

Récapitulatif des points de consensus par Louise :

  • Poitiers Collectif se prononce pour le désengagement de l’aéroport de Biard, pour toutes les lignes commerciales – cas particulier pour le CHU pour lequel des alternatives devraient être recherchées ; Nous affirmons aussi une position politique contre les vols intérieurs ;
  • Attachement à la concertation ;
  • Attachement à la bienveillance et l’accompagnement vis-à-vis des salariés ;
  • Attachement au fait de développer par la même occasion l’alternative ferroviaire / les alternatives de mobilités douces et collectives, pour toutes et tous.

 


Rajout post-plénière – Evénement à venir !

Les élus de Grand Poitiers et du Département votent le 18 octobre le renouvellement de la Délégation de Service Public à un opérateur privé, qui va gérer l’aéroport de Poitiers-Biard pendant 12 ans encore !

Cet aéroport coûte plus de 2 millions d’euros d’argent public par an. Sa gestion est déficitaire, et l’argent public est massivement perçu par une compagnie low-cost, Ryanair. Sur 12 ans, c’est plus de 24 millions d’euros qui seront dépensés, un argent qui ne bénéficiera qu’à très peu d’habitants : qui d’entre nous prend l’avion à Poitiers ? »

C’est pourquoi Poitiers Collectif se joint à l’appel à la mobilisation le vendredi 18 octobre, à 15h30 devant l’hôtel du Département (avec EELV, Génération.S, Osons 2020, Ensemble + beaucoup d’autres organisations politiques sollicitées)

Un leitmotiv commun :  Moins de moyens pour les transports polluants d’une minorité, plus de moyens pour des transports plus propres, plus accessibles à tous, au quotidien.

Chacun est invité à apporter un panneau, une image représentant ce qu’il préférerait financer avec cet argent public ! Plus de bus, plus de trains du quotidien, plus de vélos… Quelle serait votre priorité ?

 


2 – GRATUITE DES TRANSPORTS PUBLICS COLLECTIFS : DOIT-ON OU NON METTRE EN PLACE LA GRATUITE DES TRANSPORTS COLLECTIFS SI NOUS SOMMES ÉLUS ?

 

Cadrage et contexte du débat :

Objectifs politiques :

  • L’augmentation et l’amélioration du service, de l’offre ;
  • Une offre transport accessible à tous, quel que soit le revenu, et la commune de résidence ;
  • Un report modal de la voiture vers les transports en commun important.

Deux visions politiques différentes pour y arriver :

  • Conserver les recettes de la billetterie pour assurer le bon fonctionnement du service et les investissements lourds

Vs

  • Passer à la gratuité pour enclencher un « choc psychologique », et se désengager du rapport marchand aux transports

Objectifs communs : Augmentation du service de l’offre, offre de transport accessibles à tous (par rapport aux revenus, par rapport au lieu de résidence).

 

Retours d’expérience dans d’autres villes :

  • 29 communes en France ont un réseau gratuit, beaucoup de petits réseaux assez sous utilisés et/ou un versement transport élevé (Dunkerque, Niort) ;
  • Des exemples à l’étranger : Talinn, Hasselt (17,000 hab, Belgique), Castellon de la Plana (171,000 hab, Espagne) …
  • Des communes qui ont envisagé et/ou expérimenté et sont revenus en arrière : Paris (étude 2018), Bologne (1973-1977)

 

Quelques chiffres sur Vitalis :

  • Dépenses d’exploitation Vitalis (2018) : 27,134M€ financés par Grand Poitiers (20,721M€), la billetterie (5,633M€) et des recettes diverses (0,780M€)
  • Un versement transport à 1,3% (2019), ce qui représente 23,275M€. Possibilité de l’amener à 1,8%, soit environ +9M€/an
  • Le coût d’un km parcouru en moyenne : 4,6€/km
  • Hypothèse de desserte de toutes les communes de Gd Poitiers (en se basant sur la desserte de Montamisé) : une augmentation de 2,131M€/an
  • Hypothèse d’un augmentation de fréquence de 10% : 2,713M€ par tranche de 10%
  • Ex : à Dunkerque : augmentation de 30% → 10M€ + 5M€ de la gratuité
  • Des investissements lourds seraient nécessaires pour augmenter la fréquence, la desserte, renouveler le parc existant, ouvrir de nouvelles lignes … → à Dunkerque, 65M€ d’investissement sur 4 ans, soit le coût d’une Arena.

Quelques prises de position :

  • Le GART, Groupement des Autorités Responsables des Transports (les collectivités) : « Le GART n’encourage pas cette pratique ». « Face aux contraintes financières, […] les recettes tarifaires demeurent une source de financement dont il est difficile de se priver. »
  • La FNAUT, Fédération Nationale des Associations des Usagers des Transports, préfère la tarification solidaire à la gratuité totale
  • Un rapport du Sénat : n’exclut pas la gratuité mais sous reserve que l’offre notamment pour les territoires ruraux, que le financement soit soutenable sur le long terme et qu’on réflechisse à la « démobilité »
  • Les collectifs associatifs pour la gratuité des transports et les élus défendant la gratuité, insistent le « choc psychologique » induit par la mesure, qui couplé à l’augmentation du service, permettra une vraie rupture avec l’habitude du tout voiture.
  • Les groupes politiques sur Poitiers : Certaines composantes d’Osons Poitiers (NPA, Ensemble, Parti de Gauche) se prononcent plutôt pour, avec une position plutôt contre d’EELV (position de soutien à la gratuité qui faisait néanmoins partie du programme d’Osons Poitiers 2014). La majorité Claeys se prononce contre, pas de position de la part de la droite.

 

Réactions de la salle :

  • Les expériences menées ailleurs sont difficiles à exploiter. Le côté « marché ou pas marché » dépend des indicateurs qu’on se donne. A Châteauroux, à Niort, c’est mitigé, par exemple parce-que le report modal a plutôt porté sur des piétons ou des cyclistes que sur des automobilistes.
  • Expression syndicaliste Vitalis (chauffeur). Participation à plusieurs études de réseaux nationaux, qui étaient à chaque fois défavorables à la gratuité totale pour des questions de qualité de service.

 

Echanges en sous-groupes

Restitution :

  • Consensus sur la priorité à accorder à l’amélioration du service de bus: pas pour un choix binaire gratuité ou non, mais plutôt une tarification sociale plus poussée, et la gratuité pour certaines populations ciblées seulement (moins de 26 ans, plus précaires…) ;
  • Gratuité partielle sur certaines lignes : gare <-> centre-ville ; gare et centre-ville <-> pôles multimodaux/parcobus ;
  • Priorités d’amélioration de l’offre existante : meilleure densité du maillage de la ville ; augmentation de la régularité et de la fréquence des lignes, de la fiabilité des horaires ; développer les lignes le dimanche, le week-end, les vacances ;
  • Nécessité de prendre conscience que « se déplacer, ça coûte cher » ; aspect symbolique de la participation aux transports ;
  • Argument environnemental : sur les expérimentations en place (dans des villes moyennes comme Poitiers), le report modal est faible par rapport à la voiture, très fort vis-à-vis du piéton, fort vis-à-vis du vélo. Or, c’est les voitures qu’on veut éviter !
  • Préserver la qualité de service, et donc préserver la possibilité de faire les investissements nécessaires (nouveaux véhicules, véhicules propres, infrastructures…) > Il pourrait être contre-productif de « perdre » de l’argent via la gratuité, alors que la priorité est ailleurs.
  • Pourquoi pas un objectif de gratuité à la fin du mandat ? Avec une planification : des étapes prioritaires en premier ; des phases de test ; puis, si la gratuité totale répond aux objectifs, mise en place pour la fin du mandat :
  • Rappel de l’importance de rester en régie publique ;
  • Augmenter la taxe transports ?

 

Récapitulatif par Louise :

Il semble y avoir un consensus sur :

  • La tarification solidaire à renforcer à partir de ce qui existe ;
  • L’amélioration de l’existant : densité du trafic, maillage…
  • La volonté d’ancrer notre politique dans le long terme : se donner des étapes au fil du mandat.

Formulation du programme suite à la plénière :

Notre priorité : développer l’usage des mobilités collectives propres, pour tous.
La gratuité est envisagée à terme, mais en amont nous souhaitons :
– Prioriser le développement et l’amélioration de l’offre actuelle (bus plus fréquents, plus fiables, meilleur maillage)
– Porter une tarification sociale plus avancée;
– Tester la gratuité sur certains tronçons, pour certains publics;
Évaluer l’impact des premières expérimentations de gratuité partielle, pour l’étendre selon les résultat.

Intervention des Jeunes Communistes :

  • Nous sommes heureux de cette prise de position qui est cohérente avec celle que nous portons depuis longtemps ;

Annonce d’une pétition en cours pour la libération du militant Marwan Barghouti : https://www.petitionenligne.com/liberez_marouane_barghouti