[Expression politique] Pour un printemps de la biodiversité à Poitiers

Une disparition de la biodiversité pas si silencieuse que ça

« C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas. » Essayons de faire mentir Victor Hugo, et écoutons.

Ecoutons notre ville où les chants d’oiseaux sont de plus en plus rares et de plus en plus faibles, même à Blossac, même à Tison, même au bord du Clain. Regardons autour de nous et cherchons des insectes ou des araignées : il y en a de moins en moins.

La chute de la biodiversité est un phénomène mondial, national, local. La France n’échappe pas à cette tendance de fond. Elle est au dixième rang des pays hébergeant le plus d’espèces menacées d’extinction, d’après l’UICN (Union Internationale de Conservation de la Nature). Ce sont 2500 espèces qui sont directement concernées sur le territoire national. Pire encore, déjà 190 espèces sont considérées comme éteintes.

« Eteintes » est un mot qui interroge. Comme si ces espèces étaient parties d’elles-mêmes. La réalité est autre : c’est l’action de l’humain qui est responsable. C’est la façon dont nous aménageons nos villes, dont nous cultivons nos terres, dont nous gérons nos forêts, dont nous traitons nos cours d’eau, dont nous exploitons nos littoraux et nos espaces maritimes.

Cette disparition d’espèces, inquiétante par sa rapidité, fragilise des écosystèmes qui nous rendent pourtant bien des services. Des impacts concrets se font déjà ressentir : les rendements agricoles stagnent depuis vingt ans, du fait du déclin des populations d’abeilles et des insectes pollinisateurs, des vers de terre et micro-organismes garants de la qualité des sols. L’irrigation des cultures en période estivale est de plus en plus compliquée, avec des niveaux de remplissage des nappes phréatiques toujours plus bas. Les épisodes de chaleur s’intensifient l’été, faute de zones humides aux abords des villes qui pourraient jouer un effet tampon et capturer de grandes quantités de CO2.

Alors, à l’échelle d’une ville moyenne comme Poitiers, que faire ? Comment enrayer cette spirale ? Comment maintenir, préserver, sauver la biodiversité ?

De nombreuses solutions pour enrayer l’érosion de la biodiversité

Des solutions existent. Nous agissons pour que notre ville offre un cadre privilégié à la biodiversité qui nous entoure. Nous plantons davantage d’arbres dans l’espace public : ce sont autant de nichoirs possibles pour les oiseaux, de refuges pour les insectes, d’abris pour de petits mammifères. Nous végétalisons progressivement les rues et bords de trottoir en impliquant toute la population : c’est l’objet du dispositif « Faites de votre rue un jardin ». Nous faisons plus de place à la nature dans les parcs et jardins existants : les projets « Blossac se ressource », la rénovation du Parc du Triangle d’Or ou encore la végétalisation de la Place de Bretagne vont dans ce sens. Nous sauvegardons certains abords du Clain, en ménageant des espaces où les espèces d’oiseaux notamment sont en sécurité et peuvent s’ébattre librement. Nous limitons l’artificialisation des sols, en maîtrisant notre étalement urbain dans une logique de sobriété foncière : privilégier les travaux sur le bâti existant, ne construire en neuf que le strict nécessaire. Nous essayons de retrouver une nuit étoilée, en expérimentant l’extinction nocturne dans certaines zones de la ville. Toutes ces mesures sont mises en oeuvre avec un objectif : permettre la cohabitation la plus harmonieuse possible entre humains et non-humains. Les deux ont tout à y gagner.

Le dispositif Faites de votre rue un jardin : déjà 60 projets de végétalisation de trottoirs ou bordures portés par les habitant.e.s et réalisés avec l’aide du service espaces verts

Nous n’acceptons pas de nous résoudre à cette disparition silencieuse des espèces autour de nous. Nous pensons qu’une autre façon d’habiter la Terre est possible, plus respectueuse de la nature et du vivant, au service de l’épanouissement humain. Nous nous attacherons à le démontrer dans les cinq années à venir.

Pour nous, préserver la biodiversité en respectant la nature, ce n’est pas un simple concept. C’est une urgence pour garantir un avenir vivable à nos enfants et petits-enfants.