[Expression politique] Bonnes vacances (vraiment) pour toutes et tous!

« C’est les vacances ! » entend-on souvent dans les cours d’école, un vendredi après-midi de juin, une fois la dernière heure de cours écoulée. Un cri du cœur et de joie, synonyme de deux mois de liberté, de départs pour des destinations inconnues, de rencontres inoubliables en colo, de bronzette sur la plage, de longues randos à la journée dans de magnifiques montagnes, de cartes postales aux grands parents et de cornets de glace en terrasse.

Un rêve éveillé… mais pas pour tout le monde. En France, chaque année, un enfant sur quatre ne part pas en vacances. Ce sont trois millions de jeunes Françaises et Français de 5 à 19 ans qui restent chez elles, chez eux. Deux millions ne quittent même pas leur domicile le temps d’une nuit. Pour elles et eux, ce sera l’ennui, la monotonie, les frontières habituelles du quartier ou de la ville dans laquelle ils et elles habitent.

La statistique n’est pas seulement cruelle, elle est injuste : cette situation de non-départ touche bien davantage les enfants d’agriculteur·rice·s (46%), d’ouvrier·e·s (34%), d’employé·e·s (31%) que les enfants de cadre supérieur·e (5%). Le frein principal au départ en vacances n’est évidemment pas l’envie, mais le manque de moyens financiers. Comment partir quand on ne peut pas payer le carburant du trajet, le billet de train, la solution d’hébergement ? Pour la plupart des ménages les plus modestes, les aides de la CAF ne sont pas suffisantes pour combler les vides, pas plus que les chèques vacances (dont bénéficient bien plus les cadres, ayant plus de chance d’exercer dans une grande entreprise).

Alors, comment permettre à un maximum de jeunes de partir en vacances ?

Nous, collectivités locales, avons tout notre rôle à jouer. A Poitiers, le dispositif Vacances pour Tous a permis l’été dernier à 1500 personnes, dont 800 enfants issus de foyers modestes, de participer à des séjours ludiques et pédagogiques, en partenariat avec le Secours Populaire Français et Ekitour entre autres. Cette année, il est reconduit avec encore plus de moyens, pour permettre à davantage d’enfants d’en bénéficier. Car les vacances sont un réel temps de pause, nécessaire à la construction extra-scolaire des enfants, favorable à d’autres apprentissages que ceux de la classe : meilleure connaissance de soi, meilleure connaissance des autres, possibilités de se dépasser, de sortir de sa zone de confort et de ses repères familiers, de rencontrer d’autres enfants issus d’autres milieux ou d’autres villes.

Permettre à tous les enfants de partir en vacances est un enjeu d’égalité et donc de justice sociale. Mais pas seulement. C’est aussi un levier de découverte et de sensibilisation à de nouvelles thématiques, comme l’éducation nature et le voyage écoresponsable. En explorant d’autres milieux (pour certains, une première rencontre avec la mer ; pour d’autres, avec la montagne et ses sommets enneigés), en constatant la fragilité des écosystèmes qu’ils abritent,  les enfants sont plus à même de comprendre la nécessité de les préserver. Par ailleurs, partager le temps d’un voyage la vie collective, son organisation, ses contraintes aussi, est porteur d’enseignements pour leur future vie de citoyen et, en germe, pour leur apprentissage démocratique.

Mais nous tenons également à rassurer celles et ceux qui n’auront pas la chance de partir cet été. Poitiers sera, aux mois de juillet et d’août, le théâtre de nombreuses animations sportives et culturelles, dans tous les quartiers de la ville, qui permettront de s’évader et de renouer avec notre joie de vivre et notre sens de la fête. Une renaissance attendue par de nombreux acteurs après ces mois passés sans spectacles, sans expositions, sans concerts, sans matchs. Tout est mis en œuvre au niveau de la collectivité pour permettre à toutes et tous de passer un bel été, riche en découvertes et en sensations.

A toutes les Poitevines et tous les Poitevins, nous souhaitons d’excellentes vacances !